dite la neuvième,

mais sans hymne à la joie.

  

Sur le blog de La Mère Castor, ce mois-ci, il est question

"de créer, de dégoter, d'attraper et d'insuffler un semblant de vie tremblotante à la plus charmante et fantasmatique des créatures ectoplasmiques et évanescentes,

le spectre, l'apparition, bref,

le fantôme."

 

Profitons en pour faire ensemble un petit cours de solfège formation musicale

(pour changer...)

et posons nous tout d'abord LA question du mois:

"Pourquoi cette neuvième affaire est-elle

sans hymne à la joie ????"   (la pauvre...)

 

     Mère Castor étant sans aucun doute une créature très cultivée, qui ne semble pas cloîtrée dans son terrier, elle fait ici allusion à la célèbre Neuvième Symphonie de Beethoven.

Je profite donc de l'occasion pour expliquer pourquoi cette neuvième symphonie est déterminante dans l'histoire de la musique

et pour rappeler quelques petites choses dont j'avais déjà parlé ici, il y a un an jour pour jour.... (tiens tiens..... hasard ou coïncidence ???) et dont je me permets de publier à nouveau quelques éléments:

La symphonie est une pièce pour orchestre en 4 parties ou mouvements.

C'est un genre important dès la période classique (XVIIIème siècle) avec comme principaux compositeurs de cette période: Haydn (106 symphonies composées de 1757 à 1795) et Mozart (46 symphonies conservées, composées entre 1764 et 1788).

 

Beethoven (1770-1827) est un compositeur charnière entre les styles classique et romantique.

Les 9 symphonies de Beethoven jalonnent cette mutation entre ces deux styles. Au fur et à mesure de ses symphonies, ce compositeur utilise un orchestre de plus en plus grand avec de plus en plus d'instruments et même un chœur pour la symphonie n. 9. Ses symphonies sont de plus en plus longues (la première dure environs 25 minutes soit à peu près le même temps que le seul dernier mouvement de la 9ème symphonie!).

On ne devrait donc pas dire "la cerise sur le gâteau" mais "le chœur dans la symphonie" car cet Hymne à la Joie chanté à la fin du dernier mouvement de la dernière symphonie de Beethoven vient compléter cette œuvre, maîtresse du genre.

9

 

Pour en savoir plus sur cette œuvre monument, c'est par ici.

Curieusement, plusieurs compositeurs romantiques ou post-romantiques sont morts après leur neuvième symphonie (achevée ou non), d’où une légende de malédiction attachée à ce chiffre : Beethoven bien sûr, mais aussi Bruckner, Dvorak, Mahler, Schubert...

 

Ainsi, Gustav Mahler, après avoir composé sa Symphonie n° 8, a eu peur de composer une fatale n°9.

Il composa à la place une œuvre intitulée Das Lied von der Erde (Le Chant de la terre), la sous-titrant « symphonie pour contralto, ténor et grand orchestre » (encore une histoire de voix dans la symphonie).

Bref, une symphonie n.9 sans en avoir l'air...  Ensuite, ni vu ni connu, il composa un œuvre qu'il appela Symphonie n° 9 en ré majeur, (en fait sa dixième.... tricheur !!!)

Cette symphonie fut cependant la dernière qu'il put achever, puisqu'il mourut pendant la composition de la Symphonie n° 10 en fa dièse majeur (1909–1910).

On est loin des 106 symphonies de Haydn !!

 

Bien des années plus tard, en 1779, Pierre Henry, fondateur de la musique électronique, a composé  La 10ème symphonie de Beethoven (œuvre revue en 1998). Pour l'écouter, c'est par là.

Sait-on jamais, c'est peut-être cette œuvre là qui a levé la malédiction de la neuvième symphonie....

9999? ???

 

 Puisque cette affaire du mois est sans Hymne à la Joie, nous ne l'écouterons pas cette fois-ci car tel est le souhait de La Mère Castor.

Point de neuvièmes symphonies non plus, car elles sont trop longues et trop présentes pour une playlist fantômatique et transparente....

En revanche, nous écouterons des musiques avec le chiffre 9, des chansons de fantômes, d'anges et autres esprits farfelus, sans oublier une version musicale du Colloque sentimental de Verlaine par Léo Ferré.

 

Alors, après ce petit cours de formation musicale.... (pas trop dur j'espère...)

C'est parti pour la

bande son de l'affaire du mois de novembre !!!

(à écouter en regardant les différentes réalisations des affairés

sur le blog de La Mère Castor)

 

Et pour retrouver cette playlist dans sa version moins fantômatique (c'est à dire complète et dans l'ordre), c'est par là...